A propos Jonathan Bocquet

Doctorant en sociologie politique au laboratoire Triangle de l'ENS Lyon Chargé d'enseignement à la faculté de science politique de l'université Lumière Lyon II

L’impératif participatif et la difficile conversion des collectivités à la participation: l’introuvable ingénierie participative

(attention article en cours de relecture)

Notre thèse revient sur la réception par les acteurs de la représentation (élus, partis) de l’impératif participatif. L’impératif participatif renverrait à un phénomène d’imposition de nouvelles normes aux acteurs politiques. Ces normes s’appuient sur une critique résolue des insuffisances de la représentation. L’impératif participatif constitue une rhétorique qui s’oppose à la prééminence des entrepreneurs de représentation et donc des partis politiques et des élus. Il s’inscrit dans cet horizon de modernité que porte le langage politique et qui promet l’extension inéluctable de la démocratie à travers le monde et par son intensification au niveau local. Participation et délibération résulteraient du paroxysme démocratique. Dès lors, elles sont employées comme des éléments rhétoriques et des labels d’une « bonne démocratie », sans se soucier de la question de l’étiquetage et de ceux qui définissent « participatif », « délibératif », « citoyen ».  Il y a une indétermination de ce qu’on désigne par le vocable « participation » autant que par celui de « délibération ». Les deux tendent à être confondus, et d’ailleurs s’imposent de ce fait plus rapidement encore. Pour autant, si la participation est mise à toutes les sauces dans les discours, la réalité montre la rareté et la vanité des dispositifs. Un paradoxe qui s’explique notamment par la difficile conversion des collectivités à la participation: une démarche qui n’existe pas dans leurs logiciels. Lire la suite

La difficile conversion des collectivités à la participation : la traduction biaisée et paradoxale des élus

Les élus sont ils rétifs à la participation ? La démocratie participative échoue-t-elle à s’imposer dans l’action publique du fait de la résistance des élus à sa mise en oeuvre ? Cela n’est pas certain. Sur notre terrain, nous avons observé que les élus étaient de plus en plus nombreux à se revendiquer de la démarche participative, à en faire la promotion et à tenter de l’appliquer dans le fonctionnement de la vie politique locale. Ces élus volontaristes ne mettent pourtant pas toujours la même chose derrière l’enjeu participatif. Surtout, en tentant de se l’approprier, ils ont tendance en tordre les modalités et les vertus. Lire la suite

Enjeux de prolongements de la thèse

Les caractéristiques organisationnelles des formations partisanes autant que les cultures politiques dont elles se réclament et qui les façonnent permettent de comprendre en partie la façon dont elles appréhendent et s’approprient l’impératif participatif. Au-delà des variables nous mettons en évidence l’existence d’une logique systémique[1]. Les espaces délibératifs apparaissent comme des espaces adventices au champ politique traditionnel. Le champ politique n’est pas bouleversé. Sur notre terrain, nous observons toujours une très forte propension oligarchique, un faible renouvellement des dirigeants et des élus. Nous trouvons toujours une surreprésentation de la fonction publique et des professions indépendantes parmi les élus. Les délibérations des assemblées exécutives sont toujours préparées par une poignée d’acteurs. Nos résultats démontrent le maintien des logiques internes au champ politique via la reconfiguration produite par l’impératif participatif. Lire la suite

Promouvoir la participation, entre citoyennisme et émancipation

Il existe dans la nébuleuse participationniste, c’est à dire dans l’ensemble des mouvements, collectifs et personnalités qui font la promotion d’une participation des citoyens qui soient à la fois plus large et plus décisive, une diversité de présupposés et d’attendus sur les vertus de la participation. Pour résumer les divergences issues de ces multiples rapports à la participation et à la délibération, l’on pourrait résumer l’ambiguité participative en distinguant deux approches contradictoires. Lire la suite

Démocratie locale, un vieux débat

IMG_20191028_0003Les élections municipales 2020 sont l’occasion de voir fleurir les programmes « participatifs » portés tant par des listes dites « citoyennes » que par des listes partisanes. L’actualité des mouvements sociaux renforce le désir d’une gestion municipale partagée avec les habitants. Le délitement des partis politiques et l’extrême défiance à l’égard des élus obligent les candidats à faire preuve d’imagination pour convaincre qu’une nouvelle gouvernance est possible. Ni le thème, ni les modalités proposées pour associer les habitants ne sont pourtant nouveaux. L’ambition d’une démocratie locale associant le plus largement possible les habitants est une vieille antienne réactualisée régulièrement au cours de l’histoire, notamment à gauche. Lire la suite

L’entreprise Macron

J’ai eu le plaisir de contribuer à cet ouvrage avec un chapitre consacré à l’émergence d’En Marche! dans le Rhône. »Le système Collomb au service de LREM »

https://www.pug.fr/produit/1662/9782706142635/l-entreprise-macron

L’entreprise Macron, de Bernard Dolez (directeur de publication), Julien Fretel (directeur de publication), Rémi Lefebvre (directeur de publication),  PUG,Collection : Libres cours Politique,avril 2019

 

Logiques biographiques de l’aventurier et décentrement éthique

Nous proposons de traiter les jeux de rôle comme autant d’univers fictifs au travers desquels les joueurs sont amenés à un examen bienveillant et empathique de la pluralité des raisons d’agir. De quoi procèdent les décisions des personnages dans l’aventure ?

Nous verrons en quoi l’expérience rolistique est une expérimentation de l’empathie, essence de la sociologie politique en ce qu’elle consiste en « une expérience de pensée où l’on se demande comment telle pratique ou telle procédure apparaîtrait à une personne désintéressée, lointaine ou proche.» [1] Il procède ainsi d’un décentrement éthique. On peut ainsi affirmer que les jeux de rôle sont l’occasion pédagogique de mettre en scène la relativité des valeurs et des morales.

[1] Voir Amartya Sen, RFSP, 2011

Ci-joint le lien vers le fichier audio de ma communication :

http://www.cendrones.fr/colloque2017/jonathanbocquet.mp3 – Communication réalisée lors du colloque Jeu de rôle, engagements et résistances, qui s’est tenu du 16 au 18 juin à  l’Université Paris 13.

Ci-joint le lien vers l’ensemble des communications du colloque :

www.cendrones.fr/colloques-jdr/jeu-de-role-engagements-resistances/