Café-histoire : Les électeurs se cachent pour voter – autopsie du citoyen

citoyens oiseaux 003Le vote, comme principe de délégation, consiste en l’abdication du pouvoir par le peuple, au profit d’une élite. En cela, on pourrait dire qu’à l’instar d’un tour de magie, le citoyen disparait quand se referme le rideau de l’isoloir. Quel est le secret du magicien, qui procède en la transmutation de millions de bulletins, et autant d’expressions d’opinions individuelles, en une masse dont le sens, à la fois plus simpliste et plus sophistiqué, surpasse la simple agrégation de toutes ces voix singulières.

Dans une réflexion globale sur la démocratie représentative, nous aborderons la sociologie du comportement électoral, les notions de compétence politique et du principe d’égalité à la base du contrat démocratique, les différentes alternatives (démocratie liquide, méthode de Condorcet, tirage au sort,).

9 mars – 18h Bibilothèque Municipale Lyon Part-Dieu – sur inscription

Une réflexion au sujet de « Café-histoire : Les électeurs se cachent pour voter – autopsie du citoyen »

  1. C’est assez intéressant cette histoire d’isoloir et de secret du vote. Il est d’ailleurs obligatoire d’aller se cacher pour mettre le bulletin dans l’enveloppe, les responsables du bureau doivent interdire la mise sous enveloppe de vote en public.
    Il faut se rappeler pour comprendre cette règle ce qu’étaient nos sociétés rurales jusqu’à la seconde guerre mondiale et le traumatisme qu’a représenté le pluralisme pour ces sociétés. Dans un très intéressant documentaire (« un village sans dimanche ») qui raconte la guerre entre un maire instituteur laïc de gauche et le curé dans à Lanvénégen, on voit comment la communauté souffre d’une division en son sein. Les traditions obligent à de nombreux usages qui sont une protection communautaire. Par le vote, la République impose le pluralisme dans une société sans liberté individuelle et unanimiste. Dans ce village breton, à la veille de leur mort, on voit comment les habitants excommuniés et leur famille vivent comme une terreur le refus des derniers sacrements, même s’ils ne sont pas pratiquants. Le secret du vote apparaît comme un compromis entre le pluralisme républicain et la tradition rurale catholique unanimiste. Le libre choix est une liberté encombrante et honteuse pour l’individu devant sa communauté.
    A l’autre extrême, à partir du moment où la liberté individuelle est pleinement assumée, on peut comme en sociocratie accepter l’élection publique sans candidat, comme Tristan Réchid la montre sur la première page de labelledemocratie.fr (ou https://www.youtube.com/watch?v=lAraQbRxjLE ). L’expérience montre que ce n’est pas si facile.
    L’un des grands enjeux de notre époque, avec le développement du réseau et du collaboratif et du participatif, c’est de savoir si, après la disparition des communautés villageoises suivie d’une liberté acquise dans l’anonymat de la ville et l’atomisation sociale individuelle, il est possible de retrouver du communautaire sans aliéner la liberté individuelle.

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