L’impératif participatif et la difficile conversion des collectivités à la participation: l’introuvable ingénierie participative

(attention article en cours de relecture)

Notre thèse revient sur la réception par les acteurs de la représentation (élus, partis) de l’impératif participatif. L’impératif participatif renverrait à un phénomène d’imposition de nouvelles normes aux acteurs politiques. Ces normes s’appuient sur une critique résolue des insuffisances de la représentation. L’impératif participatif constitue une rhétorique qui s’oppose à la prééminence des entrepreneurs de représentation et donc des partis politiques et des élus. Il s’inscrit dans cet horizon de modernité que porte le langage politique et qui promet l’extension inéluctable de la démocratie à travers le monde et par son intensification au niveau local. Participation et délibération résulteraient du paroxysme démocratique. Dès lors, elles sont employées comme des éléments rhétoriques et des labels d’une « bonne démocratie », sans se soucier de la question de l’étiquetage et de ceux qui définissent « participatif », « délibératif », « citoyen ».  Il y a une indétermination de ce qu’on désigne par le vocable « participation » autant que par celui de « délibération ». Les deux tendent à être confondus, et d’ailleurs s’imposent de ce fait plus rapidement encore. Pour autant, si la participation est mise à toutes les sauces dans les discours, la réalité montre la rareté et la vanité des dispositifs. Un paradoxe qui s’explique notamment par la difficile conversion des collectivités à la participation: une démarche qui n’existe pas dans leurs logiciels. Lire la suite

La difficile conversion des collectivités à la participation : la traduction biaisée et paradoxale des élus

Les élus sont ils rétifs à la participation ? La démocratie participative échoue-t-elle à s’imposer dans l’action publique du fait de la résistance des élus à sa mise en oeuvre ? Cela n’est pas certain. Sur notre terrain, nous avons observé que les élus étaient de plus en plus nombreux à se revendiquer de la démarche participative, à en faire la promotion et à tenter de l’appliquer dans le fonctionnement de la vie politique locale. Ces élus volontaristes ne mettent pourtant pas toujours la même chose derrière l’enjeu participatif. Surtout, en tentant de se l’approprier, ils ont tendance en tordre les modalités et les vertus. Lire la suite

L’entreprise Macron

J’ai eu le plaisir de contribuer à cet ouvrage avec un chapitre consacré à l’émergence d’En Marche! dans le Rhône. »Le système Collomb au service de LREM »

https://www.pug.fr/produit/1662/9782706142635/l-entreprise-macron

L’entreprise Macron, de Bernard Dolez (directeur de publication), Julien Fretel (directeur de publication), Rémi Lefebvre (directeur de publication),  PUG,Collection : Libres cours Politique,avril 2019

 

Café-histoire : Les électeurs se cachent pour voter – autopsie du citoyen

citoyens oiseaux 003Le vote, comme principe de délégation, consiste en l’abdication du pouvoir par le peuple, au profit d’une élite. En cela, on pourrait dire qu’à l’instar d’un tour de magie, le citoyen disparait quand se referme le rideau de l’isoloir. Quel est le secret du magicien, qui procède en la transmutation de millions de bulletins, et autant d’expressions d’opinions individuelles, en une masse dont le sens, à la fois plus simpliste et plus sophistiqué, surpasse la simple agrégation de toutes ces voix singulières.

Dans une réflexion globale sur la démocratie représentative, nous aborderons la sociologie du comportement électoral, les notions de compétence politique et du principe d’égalité à la base du contrat démocratique, les différentes alternatives (démocratie liquide, méthode de Condorcet, tirage au sort,).

9 mars – 18h Bibilothèque Municipale Lyon Part-Dieu – sur inscription

Habemus Forum

Une épaisse fumée blanche s’échappe place Guichard. Elle ne sort pas d’une cheminée… Qu’annonce-t-elle ? La naissance d’un forum.

J’ai testé, les marches, le kebab, l’atelier film, l’atelier presse, les toilettes seches, quelques commissions et surtout l’amphithéâtre. Je n’ai pas testé la prise de micro, le coca à 2€ d’un vendeur ambulant et l’atelier féministe non mixte. Cela fait 5 fois que je me rends place Guichard. J’ai démarré une observation plus méthodique lors de ma troisième venue. J’ai dû y passé une vingtaine d’heures. Trop peu pour définir le mouvement et tirer de mes observations autre chose que des hypothèses et des questionnements. J’envie d’ailleurs les analystes qui déjà parviennent à dire ce que c’est que NuitDebout. J’y suis par sympathie et par curiosité ; parce que je vois des gens parler politique, débattre et s’agiter ; parce que je devine des échanges passionnés et des discussions musclées ; pour y voir la chose publique et y trouver une part du peuple souverain.

J’en ai trouvé effectivement une partie. Débattante, militante, conviviale. Lire la suite

Le pirate: Aliud est hostis, aliud rebellis

Le numéro 26 de la revue de sciences humaines Tracés intitulé « Pirater » est sorti. J’ai eu plaisir à y contribuer et remercie les coordonnateurs du dossier, Samuel Hayat et Camille Paloque-Berges qui ont réuni historiens, sociologues, philosophes et politistes autour des phénomènes dit « pirates ». L’édito, « Transgressions pirates », est en accès libre.

Outre ma modeste contribution « La culture pirate à l’épreuve de la forme partisane », on trouvera des analyses riches tant sur les pratiques proprement pirates « hackers, crackers, éco-pirates, etc, que sur les usages de la terminologie pirate. On interroge le rapport des pirates à l’Etat et plus largement aux normes. Les différents article mettent aussi en évidence l’ambivalence d’un technicisme et de l’attachement à la liberté qui se traduit par le concept d’autonomie. Cette autonomie et cette transgression des normes est ce qui fait le lien entre le flibustier des caraïbes et le pirate informatique moderne. Lire la suite

Primaires UMP à Paris et à Lyon

L’UMP a organisé ce dimanche ses deux principales (peut-être les seules pour 2014) primaires en vue des municipales. A Lyon et à Paris, l’UMP est dans l’opposition et a opté pour l’organisation de primaire ouverte pour désigner le leader des listes municipales dans ces métropoles détenues actuellement par le Parti socialiste. Mais le premier tour de ces deux élections ne mènent pas du tout aux mêmes enseignements. Nous revenons ici à chaud sur les facteurs qui ont mené à ces expériences distinctes tant au niveau des circonstances qu’au niveau des modalités de vote et aux enseignements en vue de la primaire prévue par l’UMP pour désigner son candidat à la prochaine présidentielle. Lire la suite