Le pirate: Aliud est hostis, aliud rebellis

Le numéro 26 de la revue de sciences humaines Tracés intitulé « Pirater » est sorti. J’ai eu plaisir à y contribuer et remercie les coordonnateurs du dossier, Samuel Hayat et Camille Paloque-Berges qui ont réuni historiens, sociologues, philosophes et politistes autour des phénomènes dit « pirates ». L’édito, « Transgressions pirates », est en accès libre.

Outre ma modeste contribution « La culture pirate à l’épreuve de la forme partisane », on trouvera des analyses riches tant sur les pratiques proprement pirates « hackers, crackers, éco-pirates, etc, que sur les usages de la terminologie pirate. On interroge le rapport des pirates à l’Etat et plus largement aux normes. Les différents article mettent aussi en évidence l’ambivalence d’un technicisme et de l’attachement à la liberté qui se traduit par le concept d’autonomie. Cette autonomie et cette transgression des normes est ce qui fait le lien entre le flibustier des caraïbes et le pirate informatique moderne.

La culture politique libertaire, mise en scène dans l’identité pirate décortiquée par V. Mabillot  (La contribution de V. Mabillot résumée ici ) consacrerait à travers l’usage des technologies numériques une contre-démocratie. Internet ferait éclater les limites légales et politiques interrogeant la gouvernance de l’espace public (Voir la contribution de Félix Tréguer  « Hacker l’espace public : la citoyenneté insurrectionnelle sur Internet. »

L’article que j’ai soumis traite de l’émergence du Parti pirate en France et interroge l’influence des nouvelles pratiques et des nouveaux enjeux liés au numérique sur le renouvellement de la participation politique. Un retour généalogique sur la formation permet d’appréhender les héritages culturels dont découlent les attitudes politiques de ses membres. L’analyse du profil de ces derniers et de l’organisation interne met en lumière les caractéristiques particulières des pirates en termes d’âge, de genre et de profession. Enfin l’article aborde la question du militantisme en ligne et interroge les spécificités de l’engagement partisan au sein d’une nébuleuse pirate plus large et moins conventionnelle.‪

Pirater, Tracés, ENS Editions  disponible sur CAIRN   

 

 

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