Primaires UMP à Paris et à Lyon

L’UMP a organisé ce dimanche ses deux principales (peut-être les seules pour 2014) primaires en vue des municipales. A Lyon et à Paris, l’UMP est dans l’opposition et a opté pour l’organisation de primaire ouverte pour désigner le leader des listes municipales dans ces métropoles détenues actuellement par le Parti socialiste. Mais le premier tour de ces deux élections ne mènent pas du tout aux mêmes enseignements. Nous revenons ici à chaud sur les facteurs qui ont mené à ces expériences distinctes tant au niveau des circonstances qu’au niveau des modalités de vote et aux enseignements en vue de la primaire prévue par l’UMP pour désigner son candidat à la prochaine présidentielle.

Bien sur, l’enjeu de la primaire à Paris était bien plus important que celui de la primaire lyonnaise. Au moins trois raisons à cela. Tout d’abord l’élection de Paris tient à tort ou à raison une place particulière dans la vie politique nationale. Elle est traditionnellement considérée comme échéance décisive et ce d’autant plus depuis que Jacques Chirac en a fait sa rampe de lancement pour les présidentielles de 1995. Ensuite, toujours coupée du reste de la province, la sphère médiatique n’a d’yeux que pour ce qui se passe aux pieds de la tour Eiffel et l’actualité politique semblait donc se résumer ces jours ci à la primaire UMP parisienne. Enfin, la primaire UMP a eu un intérêt tout particulier car contrairement à Lyon, la municipalité pourrait effectivement basculer en 2014 et le gagnant de cette primaire pourrait effectivement être le prochain maire de Paris ce qui semble plus qu’improbable pour la primaire lyonnaise.

4 candidats à Paris, 5 à Lyon.  Dans les deux cas une participation faible(23 000 électeurs dans la capitale 4350 dans l’ancienne capitale des gaules) voire très faible qui sonne comme un échec. Les deux scrutins n’ont pas vraiment intéressés les sympathisants. Seuls les militants semblent avoir pris part au vote. Pourtant avec le choix de la possibilité de voter par Internet, on avait fait le choix à Paris de favoriser une participation très large. Mais avec une candidate archi-favorite (NKM) le scrutin parisien paraissait bien fade à côté du scrutin lyonnais dont l’issue semblait encore incertaine ( En mars, un sondage IFOP ne parvenait pas à départager les impétrants lyonnais). A la place, cela n’a fait que causer de graves dissensions et rappeler le traumatisme de l’élection du président de l’UMP l’an dernier.

L’amateurisme autour de la méthode électronique utilisée pour permettre le vote par Internet est assez incroyable. A ce sujet, je vous renvoie à l’article de Guillaume Champeau sur Numerama selon qui « la fraude aux primaires UMP n’est pas une faille mais une fonctionnalité ». Dès lors que l’internaute connaît le nom et l’adresse d’une personne inscrite sur les listes électorales, il est possible de voter en son nom sans que celle-ci n’en soit jamais informée (et donc sans possibilité de recours). D’ailleurs la CNIL n’avait pas validé la procédure prévue par Docapost (filiale de La Poste en charge de l’organisation de ce scrutin). Dès Samedi, les contestations et soupçons de fraude se sont multipliées si bien qu’on ne retiendra rien d’autre de ce premier tour. En tout cas, il est toujours curieux de voir des partis autoriser pour des désignations internes des procédures qu’ils jugent non démocratiques pour les scrutins électoraux officiels.

Avec un traitement médiatique qui reste ancré sur le mode « course de chevaux » et qui ne s’attarde que sur les polémiques, il est difficile d’observer dans ces scrutins un quelconque arbitrage entre des lignes idéologiques. Le Mariage pour tous a sans doute eu une incidence sur le scrutin. Les deux candidats se qualifiant pour le second tour à Lyon sont les deux seuls à avoir participé à la manifestation pour tous. Fenech tout particulièrement semble avoir engrangé des voix sur cette image. A Paris, des appels à faire barrage ont été lancé à l’initiative des associations ou mouvements proches de la manif’ pour tous. On notera notamment celui du journal Minute « Pour 3 euros, payez vous NKM ».

 

Bref encore de nombreuses pistes à travailler dans le cadre de ma thèse.

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