L’espace public introuvable

L’espace public pour saisir la délibération ?

Lorsque la science politique s’intéresse à la notion d’espace public elle fait rapidement référence au travail d’Habermas. Son espace public est un idéal désincarné qui ne fait pas référence à des lieux mais à l’émergence au XVIIIe siècle d’une bourgeoisie débattante faisant usage de la raison et de la délibération. Dans son ouvrage, Habermas décrit « le processus au cours duquel le public constitué d’individus faisant usage de leur raison s’approprie la sphère publique contrôlée par l’autorité et la transforme en une sphère où la critique s’exerce contre le pouvoir de l’État.  Dès lors, il convient de s’interroger sur la possibilité de voir émerger un espace public à l’initiative de l’Etat. L’espace public habermassien est rappelons le spontané, à l’initiative des citoyens. Il est surtout diffus, loin de la matérialité qu’on tente désormais de lui prêter. Si Habermas traite des salons bourgeois, ce n’est pas en tant qu’ils sont des espaces publics, mais en ce qu’ils participent collectivement de l’émergence d’un espace public, c’est à dire d’un dialogue public de la raison. Il semble que nous assistons à la recherche d’un nouveau compromis autour de l’espace public provoqué par une crise de la représentation. Lire la suite

Le pirate: Aliud est hostis, aliud rebellis

Le numéro 26 de la revue de sciences humaines Tracés intitulé « Pirater » est sorti. J’ai eu plaisir à y contribuer et remercie les coordonnateurs du dossier, Samuel Hayat et Camille Paloque-Berges qui ont réuni historiens, sociologues, philosophes et politistes autour des phénomènes dit « pirates ». L’édito, « Transgressions pirates », est en accès libre.

Outre ma modeste contribution « La culture pirate à l’épreuve de la forme partisane », on trouvera des analyses riches tant sur les pratiques proprement pirates « hackers, crackers, éco-pirates, etc, que sur les usages de la terminologie pirate. On interroge le rapport des pirates à l’Etat et plus largement aux normes. Les différents article mettent aussi en évidence l’ambivalence d’un technicisme et de l’attachement à la liberté qui se traduit par le concept d’autonomie. Cette autonomie et cette transgression des normes est ce qui fait le lien entre le flibustier des caraïbes et le pirate informatique moderne. Lire la suite