Le pirate: Aliud est hostis, aliud rebellis

Le numéro 26 de la revue de sciences humaines Tracés intitulé « Pirater » est sorti. J’ai eu plaisir à y contribuer et remercie les coordonnateurs du dossier, Samuel Hayat et Camille Paloque-Berges qui ont réuni historiens, sociologues, philosophes et politistes autour des phénomènes dit « pirates ». L’édito, « Transgressions pirates », est en accès libre.

Outre ma modeste contribution « La culture pirate à l’épreuve de la forme partisane », on trouvera des analyses riches tant sur les pratiques proprement pirates « hackers, crackers, éco-pirates, etc, que sur les usages de la terminologie pirate. On interroge le rapport des pirates à l’Etat et plus largement aux normes. Les différents article mettent aussi en évidence l’ambivalence d’un technicisme et de l’attachement à la liberté qui se traduit par le concept d’autonomie. Cette autonomie et cette transgression des normes est ce qui fait le lien entre le flibustier des caraïbes et le pirate informatique moderne. Lire la suite

Essai sur les origines de la tradition libriste chez les penseurs radicaux du XIXème

Ils étaient des pirates ! Essai sur les origines de la tradition libriste et pirate chez les penseurs radicaux du 19ème siècle.

Aujourd’hui, la révolution numérique semble faire émerger de nouvelles problématiques. L’intensification des flux et la hausse exponentielle de leurs rapidités, la multiplication des réseaux décentralisés, la réduction virtuelle des distances remettent au goût du jour des questions de philosophie politique et morale traditionnelles. Derrière les revendications des pirates qui se mobilisent sur la déclaration des droits de l’internaute et défendent la neutralité du réseau et une remise en cause des droits d’auteurs, ce sont des problèmes politiques classiques qui se cachent : La question des frontières et de l’Etat-Nation, la question de la propriété intellectuelle, celles du partage et de la solidarité. Ces questions renvoient Lire la suite

Retour sur l’AG 2012 du Parti Pirate

La tentation est grande pour le sociologue de considérer l’évènement qu’il observe comme plus important qu’il ne l’est. A y repérer des discours fondateurs, des débats ou des éléments déclencheurs d’un nouvel élan . Comment éviter ce piège tout en recherchant l’ensemble des indices révélateurs de dynamiques ou des points d’achoppements cristallisant les enjeux internes d’une organisation.
Evidemment pour une formation aussi jeune que le parti pirate, dont les membres ont pour la plupart un profil assez profane dans leur rapport au politique et au militantisme, et qui accorde une telle importance aux questions de démocratie interne, une assemblée générale revêt un caractère vital, pendant lesquels l’ensemble des débats ont l’occasion de rejaillir hors des espaces traditionnels de dialogues, et notamment du forum, pour être tout à fait saillant.

J’ai choisi de revenir sur cet événement car il met en exergue les limites de la mise en pratique de principes et de règles conçus dans la sphère virtuelle. La faible mobilisation des adhérents « hors ligne », la complexité des procédures, l’accumulation de contradictions ont mené à ce qui semble sonner comme un échec pour l’idéal de transparence et de participation du parti pirate. Lire la suite